Journal du samedi 25 avril 2026 à 22:27
À la fin de la note "Collecter les sujets dans un issue tracker pour ne pas se répéter", je disais :
Un backlog est une liste d'items souvent extraits de l'ensemble des issues de l'issue tracker — un sous-ensemble volontairement restreint et de meilleure qualité. Priorisée, maintenue à jour et régulièrement affiné, cette liste représente le travail potentiel sérieusement envisagé pour le produit. Lors du Sprint Planning, les parties prenantes — développeurs, produit et autres contributeurs concernés — discutent et arbitrent ensemble les priorités pour décider quels items intégreront le Sprint Backlog.
Est-ce que toutes les issues ouvertes du issue tracker sont un backlog ? La réponse est non.
J'ai vu plusieurs fois des Product Managers arriver dans une organisation et être effrayés par la quantité d'issues présentes dans l'issue tracker — ils essayaient de passer en revue toutes les issues, pensant qu'il s'agissait du backlog.
Il me semble que cette confusion entre issue tracker et backlog est très classique — j'ai moi-même probablement entretenu cette confusion.
Les personnes issues de la culture open source sont habituées aux issue tracker, tandis que les Product Managers sont généralement plus familiers avec les Product Backlog.
Face à toutes ces issues, certains Product Managers font des choix radicaux pour garder la maîtrise :
Je ne conseille pas ces approches : elles suppriment d'un bloc ce qui fait la valeur d'un issue tracker (voir "Collecter les sujets dans un issue tracker pour ne pas se répéter").
À la place, je conseille dans un premier temps de ne pas se préoccuper de l'intégralité des issues, et de se concentrer uniquement sur les issues indiquées par ses collègues ainsi que sur celles que l'on a soi-même créées.
Pour suivre ces issues et constituer son backlog, je conseille d'utiliser des labels — sur GitLab, j'utilise par exemple backlog, backlog-stephane, next-sprint, next-next-sprint. Ces labels, combinés à des vues kanban, permettent à chaque membre de créer un backlog à partir d'un sous-ensemble restreint d'issues.
Cette approche par labels fonctionne, mais le problème est que ce workflow exige une rigueur importante et un protocole commun d'équipe — difficile à mettre en place sans un leadership fort qui l'impulse et le maintient.
C'est pour améliorer cette expérience utilisateur, que j'ai intégré les fonctionnalités suivantes dans la description du gestionnaire de projet de mes rêves :
- Permettre de créer des portfolios d'issue par utilisateurs.
- Implémenter un système de tags d'issues personnalisés où chaque utilisateur peut créer ses propres étiquettes. La visibilité de ces tags serait configurable : mode privé pour un usage personnel ou mode partagé pour les rendre disponibles aux autres utilisateurs.
De plus, j'imagine aussi une fonctionnalité permettant de « cacher » les issues, ou du moins de les rendre moins facilement accessibles aux nouveaux arrivants — non pas pour en interdire l'accès, mais pour réduire le bruit visuel et éviter qu'ils ne soient effrayés au point, après ce traumatisme, de les ignorer totalement.
Le triage régulier des issues (fermer et prioriser) est un travail laborieux, extrêmement difficile à maintenir dans la durée dès lors qu'un issue tracker contient beaucoup d'issues. Si je peux témoigner d'une chose, c'est que je n'ai probablement jamais réussi à le faire, ni vu quelqu'un y parvenir.
Concernant la fermeture des issues, certains projets configurent un système qui ferme automatiquement les issues après un certain temps sans activité. Personnellement, à la place de cela, je préfère un système qui poste un commentaire dans l'issue qui notifie et demande au créateur s'il juge qu'elle est toujours pertinente. En cas de non réponse après un temps imparti, l'issue peut être clôturée automatiquement.
Pour la priorisation des issues, toujours dans la description du gestionnaire de projet de mes rêves, j'ai imaginé la fonctionnalité suivante :