Journal du vendredi 31 juillet 2026 à 09:53
J'ai commencé à utiliser Debian en juin 2001 avec la version 2.2 Potato. J'ai découvert fin 2004 le projet Ubuntu porté par l'entreprise Canonical et ça m'a tout de suite plu. En avril 2005, j'ai migré avec la version Ubuntu 5.04 Hoary Hedgehog.
Je trouvais cela incroyable qu'un milliardaire, Mark Shuttleworth, lui-même développeur Debian, investisse une grande partie de sa fortune dans le Linux Desktop.
J'étais adepte de Canonical : j'utilisais et promouvais Bazaar, Launchpad, puis Upstart en 2006.
À cette époque, j'aurais rêvé de travailler chez Canonical que j'admirais, mais je n'ai pas tenté ma chance : mon niveau d'anglais ne le permettait pas.
Ma confiance en Canonical a commencé à basculer vers 2012-2013. Je constatais qu'ils étaient seuls à coder Unity sans contribuer à GNOME Shell, à maintenir Upstart alors que systemd gagnait du terrain. La polémique autour de Dash fin 2012 a ajouté au malaise. Mais le vrai point de bascule a été en 2013, quand Canonical a décidé de lancer Mir de son côté et d'abandonner Wayland.
Voici les projets de Canonical qui n'ont pas réussi à s'imposer :
Bazaar : outil de gestion de versions distribué pour le développement logiciel
Upstart : système d'init pour Linux, remplaçant SysV
Mir : serveur d'affichage graphique pour le desktop Linux
Unity : environnement de bureau pour Ubuntu
Snap : système de packaging universel pour Linux
Hors d'Ubuntu, seul cloud-init a réussi à s'imposer.
Dans la communauté du logiciel libre, une critique revient souvent sur Canonical, celle de garder la mainmise sur ses projets, d'utiliser un projet comme levier pour renforcer l'adoption de ses autres projets, et de freiner les contributions avec des CLA restrictifs comme le Canonical Contributor Agreement. C'est un constat que je partage. Je pense que ces pratiques, qui rendent les projets non conviviaux au sens d'Ivan Illich, expliquent en grande partie pourquoi ils échouent. Canonical n'a pas le savoir-faire de Red Hat pour construire une communauté qui porte un projet.
C'est triste à dire, mais depuis ce constat, j'en suis venu à penser qu'adopter un projet porté par Canonical, c'est parier sur le mauvais cheval. Depuis 2014, je ne m'intéresse plus du tout à leurs projets.