Journaux liées à cette note :

Shape Up sans backlog ne me choque pas : ma pratique Scrum intègre déjà le principe du sponsor pour les issues #scrum, #project-management, #gestion-projet

Alexandre m'a partagé le chapitre 7 « Bets, Not Backlogs » du livre Shape Up de Basecamp publié en 2019.

Il sait que j'apprécie cette méthode — j'ai lu le livre vers 2021-2022 — et me l'a envoyé parce qu'il ne comprend pas bien comment je peux adhérer à cette méthode alors qu'elle semble aller à l'encontre de ce qu'on a pratiqué ensemble.

Tout d'abord, je commence par préciser que Shape Up semble mélanger les notions de issue tracker et Product Backlog (voir note "Confusion entre issue tracker et backlog, et comment gérer la masse d'issues").

Ensuite, la méthode ne dit pas "no backlog", mais "no backlog commun" :

Des listes décentralisées

On n'a pas à choisir entre un backlog encombrant et ne rien retenir du passé. Chacun peut continuer à suivre pitchs, bugs, demandes ou idées de son côté, sans liste centrale.

Le support peut maintenir une liste des demandes ou problèmes qui reviennent souvent. Le produit suit les idées qu'il espère pouvoir façonner dans un cycle futur. Les développeurs tiennent une liste de bugs qu'ils aimeraient corriger dès qu'ils en ont l'occasion. Il n'y a ni backlog unique ni liste centrale, et aucune de ces listes n'alimente directement le processus des paris.

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Shape Up ne m'apparaît pas comme une méthode qui interdit de partager des listes d'issues entre sous-groupes — c'est visible quand le texte dit que « le produit suit les idées qu'il espère pouvoir façonner dans un cycle futur » et que « les développeurs tiennent une liste de bugs qu'ils aimeraient corriger dès qu'ils en ont l'occasion ».

Ce qui me semble central dans Shape Up, ce n'est probablement pas tant le rejet d'un issue tracker commun. À mon sens, le cœur de la méthode réside ici :

Quelques paris potentiels

Que fait-on à la place ? Avant chaque cycle de six semaines, on organise une table des paris (betting table) où les parties prenantes décident ce qu'elles vont faire dans le cycle suivant. À cette table, on examine les pitchs des six dernières semaines — ou ceux que quelqu'un a délibérément ressortis et défendus à nouveau.

Rien d'autre n'est sur la table. Pas de longue liste d'idées à passer en revue. Pas de temps perdu à entretenir un backlog d'anciennes idées.

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Cela signifie que si une issue n'a pas de "sponsor", c'est-à-dire, personne qui la met en avant, alors elle ne sera jamais priorisée. Les pitchs sont examinés à la betting table, mais Shape Up n'a pas de process continu de revue des issues en tant que backlog.

C'est pour moi l'idée la plus importante de ce chapitre par rapport à Scrum "mainstream" et cela ne me perturbe pas, car dans ma pratique Scrum, comme je le disais dans une précédente note, une issue sans sponsor n'a pratiquement aucune chance d'être sélectionnée lors d'un Sprint Planning :

Le triage régulier des issues (fermer et prioriser) est un travail laborieux, extrêmement difficile à maintenir dans la durée dès lors qu'un issue tracker contient beaucoup d'issues. Si je peux témoigner d'une chose, c'est que je n'ai probablement jamais réussi à le faire, ni vu quelqu'un y parvenir.

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Imaginons un bug remonté il y a 8 mois sur l'export PDF.

  • Scénario Scrum classique : le bug traîne dans le backlog, priorité "moyenne". À chaque Sprint Planning, le Product Owner fait défiler la liste, le voit, se dit "pas critique cette fois", et le repousse. Le bug survit parce qu'il est dans le système, pas parce qu'il est défendu.
  • Scénario Shape Up : le bug n'existe nulle part dans un backlog central. Si un développeur pense qu'il vaut la peine d'y consacrer un cycle, il doit le re-pitcher activement à la prochaine betting table. Si personne ne le fait, le bug disparaît du radar — pas par décision active de le fermer, mais par absence de sponsor.

Dans ma pratique de Scrum, j'intègre déjà un betting table lors du Sprint Planning, et seules les issues proposées au sprint par un sponsor sont étudiées, par conséquent, cela me semble assez proche de ce que propose Shape Up.

Je préfère Shape Up à Scrum sur ce point précis de la betting table : il me semble que cette approche est plus honnête et reflète probablement mieux ce qui se passe réellement sur le terrain.

Première description du gestionnaire de projet de mes rêves #projet-24, #idée, #project-management

Introduction

Cela fait depuis 2022 que je souhaite prototyper un outil de gestion de tâches (issues) avec certaines fonctionnalités que je n'ai trouvées dans aucun outils Open source ou closed-source.

En novembre 2022, j'ai commencé le tout début d'un modèle de données PostgreSQL, mais je n'ai pas continué.

Je souhaite, dans cette note, présenter mon idée de prototype, présenter les fonctionnalités que j'aimerais implémenter.

Nom du projet : Projet 24 - Prototyper le gestionnaire de projet de mes rêves

Ces idées de fonctionnalité sont tirées de besoin personnel que j'ai rencontré depuis 2018, dans mes différents projets professionnel en équipe.

Pour réduire mon temps de rédaction de cette note et la publier au plus tôt, je ne souhaite pas détailler ici l'origine de ces besoins.
Je souhaite juste décrire quelques fonctionnalités que je souhaite et quelque détail technique sans expliquer l'origine de mon besoin.

Sources d'inspiration

Mes principales sources d'inspiration :

Je me projette d'utiliser Projet 24 dans les framework de gestion de projets suivants :

Ainsi qu'avec la technologie sociale Sociocratie 3.0.

Liste de fonctionnalités en vrac

  • Permettre d'importer / exporter une ou plusieurs issues dans un format de fichier YAML.
    • Permettre d'importer / exporter ces fichiers via Git.
    • Permettre l'utilisation de branche : création, suppression, merge de branches.
    • Permettre la gestion des branches via l'interface web.
    • Visualisation web des diff entre deux branches.
    • Permettre de commit ou créer des snapshots d'une branche.
  • Permettre d'attribuer à une issue une estimation basse et haute de temps d'implémentation.
  • Permettre d'activer un Hill Charts sur toute issue.
  • Permettre d'indiquer un niveau d'approximation d'une issue
  • Permettre aux lectures d'une issue d'indiquer leur niveau de compréhension de l'issue
  • Permettre de configurer la taille maximum en mots d'une issue. Pour forcer un certain niveau de synthèse.
  • Permettre de calculer le poids d'une issue en faisant la somme basse et haute de toutes ses dépendances.
  • Système inspiré de Tinder pour prioriser les issues. L'application présente deux issues choisies selon un algorithme Elo et invite l'utilisateur à désigner celle qu'il considère comme prioritaire.
  • Implémenter un système de tags d'issues personnalisés où chaque utilisateur peut créer ses propres étiquettes. La visibilité de ces tags serait configurable : mode privé pour un usage personnel ou mode partagé pour les rendre disponibles aux autres utilisateurs.
  • Permettre de créer des portfolios d'issue par utilisateurs.
  • Pas de séparation des entités Epic (gestion de projet logiciel) / Issue contrairement à ce que fait GitLab.
  • Permettre d'utilisation d'une extension Browser pour enrichir les pages GitHub, GitLab, Linear ou Forgejo avec les fonctionnalités de Projet 24.
  • Permettre au Projet 24 d'améliorer une instance privé Forgejo avec un wrapper HTTP.
  • Système de dashboard pratiquement identique à GitHub projects.
  • Système de commentaire comme GitHub, mais avec un système de thread.
  • Support de wikilink et alias au niveau de toutes les ressources texte.
  • Support d'une fonctionnalité de publication de notes éphémères attachées à chaque utilisateur.
  • Permettre la création d'issues ou de notes "flottantes". Une issue "flottante" n'appartient à aucune ressource spécifique — elle n'est rattachée ni à un projet, ni à un groupe. Cette fonctionnalité me semble essentielle et je compte la détailler dans une note dédiée prochainement.
  • Proposer une extension Browser qui détecte automatiquement les issues liées à l'URL de la page actuelle. Cela permettrait d'accéder rapidement aux issues ou notes "flottantes" selon le contexte de navigation.
  • Très bon support Markdown, contrairement aux implémentations de Slack, Notion ou Linear. Il devrait être possible de basculer entre le mode d'édition riche et le mode markdown. Le contenu copié doit générer du markdown valide dans le presse-papier.
  • Respect strict des conventions Web : permettre l'ouverture de toutes les pages dans un nouvel onglet, etc.
  • Mettre l'accent sur la performance de rendu des pages. Implémenter en priorité un système de métriques pour mesurer les temps de rendu.
  • Proposer un système de génération de titre d'issue et de tag basé sur un LLM.
  • Mettre en place un système qui utilise un LLM pour proposer automatiquement des titres d'issues et des tags.
  • Alimenter une base de données vectorielle avec les descriptions d'issues et leurs commentaires pour activer la recherche sémantique.

Expérience utilisateur

Comme SilverBullet.mb, un outil fait dans un premier temps pour les hackers.

Détails techniques

  • Stockage dans Elasticsearch pour faciliter les recherches par tags et plain text.
  • Utilisation de nanoid de 5 caractères pour identifier les issues.
  • Utilisation de Git hook pre-receive côté serveur pour importer des données (issues, notes, etc)